Légion d’Honneur
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| Officier époque 3ème République avers | Chevalier époque Monarchie de Juillet avers | Chevalier époque Second Empire avers | Chevalier époque 3ème République avers | Chevalier époque 3ème République avers | Chevalier époque 5ème République avers |
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| Officier époque 3ème République revers | Chevalier époque Monarchie de Juillet revers | Chevalier époque Second Empire revers | Chevalier époque 3ème République revers | Chevalier époque 3ème République revers | Chevalier époque 5ème République revers |
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| Chevalier barrette de rappel |
Le
25 mars 1802, la paix d’Amiens est signée avec l’angleterre. Après dix années
de guerre, la France entre dans une nouvelle ère. De fait, le Premier Consul
Bonaparte promulgue une large amnistie pour les émigrés, accélère les
travaux d’élaboration du code civil, réorganise l’instruction publique …
En même temps, il propose au Conseil d’État la création d’un ordre
national ouvert à la fois aux militaires et aux civils. Les conseillers de
convictions révolutionnaires et jacobines, comme le consul Lebrun,
s’effarouchèrent de ce qui leur semblait la création d’une nouvelle
noblesse et un retour à la monarchie.
La
Légion d’Honneur ainsi crée était composée d’un grand conseil
d’administration, présidé par le Premier Consul et chargé de la discipline
de l’ordre et de seize cohortes réparties sur le territoire national. Chaque
cohorte, formée d’un chancelier, de sept grands-officiers, vingt commandants,
trente officiers et trois cent cinquante légionnaires, était dotée de 200 000
francs de rente. La forme de l’insigne des légionnaires ne fut fixée que le
1er juillet 1804, six semaines après la proclamation de l’Empire.
La
première remise solennelle des décorations eut lieu le 15 juillet 1804 dans
l’église des Invalides au bénéfice des généraux, magistrats, évêques,
savants qui formaient l’élite du nouveau régime. Le 16 août suivant, au
camp de Boulogne où était rassemblée l’armée qui devait envahir
l’Angleterre, Bonaparte décora les meilleurs de ses soldats : il puisait
les insignes dans les casques de Du Guesclin et de Bayard.
L’Empereur
créa le 30 janvier 1805 la grande décoration sous forme de Grand-aigle, qui
devait devenir la Grand-croix de la Légion d’Honneur. Le 1er mars
1808, avec l’instauration de la noblesse d’2mpire, les légionnaires reçurent
l’appellation de chevaliers. Lors de l’abdication de Napoléon, la France
comptait près de 32 000 titulaires de la Légion d’Honneur, dont 1 500 à
titre civil.
La
restauration, qui rétablit les ordres royaux, conserva cependant la Légion
d’Honneur : seule l’effigie d’Henri IV remplaça la tête de Napoléon
sur l’insigne, et la couronne impériale qui formait la bélière céda la
place à la couronne royale. Ce devait également être sous la restauration que
furent fixés les noms des grades et dignités tels qu'ils existent encore de
nos jours : chevalier, officier, commandeur, grand-officier, grand-croix.
La
monarchie de juillet refit de la Légion d’Honneur le grand ordre national
dans lequel elle accueillit écrivains, industriels et fonctionnaires.
Avant
même d’être Napoléon III, le Prince-président rétablit, le 1er
février 1852, la décoration dans la forme du premier Empire. Il créa le
Conseil de l’ordre, fut le premier à décorer les femmes et multiplia les
distinctions aux artistes et aux hommes de lettres.
La
IIIe République, qui avait d’abord limité son attribution aux
seuls militaires, rétablit en 1873 la Légion d’Honneur dans ses caractéristiques
initiales. La grande guerre magnifia la croix : 100 000 titulaires au début
des années vingt. Du fait de la seconde guerre mondiale, des guerres
d’Indochine et d’Algérie notamment, l’effectif de l’ordre dépassait
300 000 membres au début de la Ve République.
Le
28 novembre 1962, le général de Gaulle dote la Légion d’Honneur et la médaille
militaire d’un nouveau statut. Ce code régit encore aujourd’hui ces deux
distinctions. Il assigne au premier ordre national un nombre de membres fixé à
75 grand-croix, 250 grand-officiers, 1 250 commandeurs, 10 000 officiers et 113
425 chevaliers. Il est à noter qu’en 2002, année où l’ordre a célébré
son bicentenaire, son effectif total n’excédait guère 110 000 membres, ce
qui témoigne de ce que l’objectif de 1962 a été plus largement atteint,
alors même que les Français sont aujourd’hui plus de soixante millions.
Nul
ne peut accéder à la Légion d’Honneur dans un grade supérieur à celui de
chevalier. Pour être admis à ce grade, il faute justifier de services publics
ou d’activités professionnelles d’une durée minimale de vingt années,
assortis, dans l’un ou l’autre cas, de mérites éminents. Ne peuvent être
promus aux grades d’officier et de commandeur que les chevaliers et officiers
comptant au minimum respectivement huit et cinq ans dans leur grade, et
justifiant de titres et qualités requise acquis postérieurement à
l’accession audits grades. Trois ans au moins sont exigés ensuite pour être
élevé du grade de commandeur à la dignité de grand-officier, et de celle-ci
à celle de grand-croix de l’ordre, les mérites nouveaux et éminents étant
encore requis à chaque fois du postulant.
La Légion d’Honneur a été également parfois attribuée à un petit nombre de collectivités ou régiments. Cette faculté n’est cependant plus prévue par le code de 1962.